Enfin,
Quand sonnent matines,
Après mes tartines,
Je me sens coquine,
Quelque peu taquine.
Je pense à la chose,
Je suis toute chose,
Cela m'émoustille,
Cela me titille.
Plus de préambule,
De conciliabule.
Plus de retenue,
Je mets ma tenue. .
A quoi pensez-vous !
Juste un rendez-vous,
Enfin, le printemps,
Mon jardin m'attend.
Le 15 Mars 2007
Mon bel ami
Le jour gémit, le ciel pâlit, mon bel ami,
Je me réfléchis, je me polis, je me glace,
Votre langage, mon tangage, je m'efface,
De ce discours terni, mon image frémit.
La clarté faiblit, dans mon reflet endormi,
Je vous renvoie de ma pénombre fugace,
Votre brillant esprit transperce cet espace,
De ce parcours éclair, mon visage blêmit.
Aveuglante réflexion, dans mon crépuscule,
Un vif spectre échappé de ma vie bascule,
Jamais, je ne voudrais refaire ce passé.
Aurore transparente, doux jeu de lumière,
Une éclaircie, un aspect sombre a trépassé,
Jamais de doute, de votre amitié princière.
Le 26 Janvier 2007
Et
Et le temps passe
Et le fil casse,
Et la nuit ombre,
Et le jour s'ombre.
Et les saisons défont,
Et les raisons se font,
Et le miel de la vie,
Et le ciel me l'envie
Et l'accord fuit,
Et le corps suit.
Et le tort fait,
Et le sort sait.
Et le vous nie,
Et le nous lie,
Et l'amant fut,
Et l'ami tut.
Et la larme me noie,
Et l'arme me rougeoie,
Et l'aveu me détruit,
Et le voeu est fortuit.
Le 16 Janvier 2007
De vous à moi
Je veux l'harmonie, la pureté des mots,
Exprimée ma pensée sans quiproquo.
Affranchit, lie une affection réciproque,
Notre amitié, douce idée, sans équivoque.
La légèreté s'impose à nous en profondeur,
Ombre la distance entre froideur et ardeur,
Un langage en dehors du geste de la parole,
Passe aussi tenace qu'un sentiment frivole.
Je veux, ni trop près, ni trop loin, cette affection,
Etre à la fois, dehors, dedans, cette émotion,
Abriter cet engagement indélébile,
Ne pas l'exposer au sens du toucher subtile.
L'impassible prononce la clôture du temps,
Ose la détermination pour longtemps,
Une réponse offerte à notre attitude,
Promesse, donnée à notre sollicitude.
Le 30 Juin 2006
Hésitation
Désappointement sans-doute !
De votre discours sans doute
Désormais je connais le doute
Désabusé il s'en doute.
Chiffonné, à contrecoeur
Ce matin haut-le-coeur
Chasse cet accroche-coeur
Ce charlatan, ce crève-coeur.
Blâmer ce sous-entendu
Bouleverser l'entendu
Briser ce malentendu
Basculer l'inattendu.
Accaparer ce bien-être
Atténuer ce mal être
Attaché à tout mon être
Aboutissement peut-être.
Le 20 Octobre 2006
Ce tableau
Comme il est beau ce tableau !
Le chat endormi sourit.
Comme il est beau ce tableau !
Le chien assoupi lui rit.
Comme il est beau ce tableau !
La rose penche, balance.
Comme il est beau ce tableau !
Le vent lui vole une danse.
Comme il est beau ce tableau !
L'arbre dévêtu, frissonne.
Comme il est beau ce tableau !
Son habit, lui, tourbillonne.
Comme il est beau ce tableau !
Un vase, une fleur pavane,
Comme il est beau ce tableau !
Un vase, une fleur se fane.
Comme il est beau ce tableau !
L'oisillon sur ma fenêtre,
Comme il est beau ce tableau !
Demain volera peut-être.
Le 22 octobre 2006
Mon père
Je recueille ce silence,
Que couvre la turbulence,
De ce deuil de ta violence,
Fruit de ton ambivalence.
Disparue mon enfance,
Avec ce cri qui m'offense,
Pas non plus d'adolescence,
Douleur en recrudescence.
Je n'aurai pas d'indulgence,
Face à tant de négligence,
J'aurai mon cri de vengeance,
Me voulant d'une autre engeance.
Avec quelle persistance,
Je fuirai ton existence,
En de sourdes doléances,
Passives condoléances.
Tu tires ta référence,
Je suis dans l'indifférence,
Trop d'années de souffrance,
Délicate délivrance.
Le 7 Novembre 2006