ECRITS
 ANNEE 2010

 

 

TITRES

Vague à bond

La parenthèse 

Au point du jour 

A vous lire 

 Ma nature

 A nu

 

 

Vague à bond

Au poète le jour, s’en va en vague à bond,
Me voilà à m’asseoir le ciel est moribond,
Il est en moi un chant où divague la peine.


Quelle saveur amère et le cœur est mordu,
Une âme erre à travers un deuil inattendu,
Et le bruit s’éternise en parole inhumaine.

 
Vogue si lent ce soir le flou de ce mirage,
Où une onde en repos est un lointain exil,
Un voyage immobile emporte son image,
Soyez au rendez-vous sous levant le péril.


D’ici sans temps la vie est le dernier asile,
Il dépouille mon vers entre ma rime émoi,
Rien au-delà ne tombe et ma muse docile,
Ecrit vain s’évadant son secret tout à moi.

 

 
Le 27 Juillet 2010



 

La parenthèse

  

Un jour de ce mois à mon aise
J’ai cueilli un mot sans excès,
De cette mémoire un peu niaise,
J’ouvre, je ferme un mal exprès,
Pour laisser vivre ce malaise.

 

C’est une soudaine fadaise,
Sans tenter de le faire exprès,
Juste cette phase en fa dièse,
J’ouvre, je ferme avec succès,
Pour mesurer un mal à l’aise.

 

Suis-je au bord de la falaise,
Pour n’avoir pas crevé l‘abcès,
Non, je reste las sur ma chaise,
J’ouvre, je ferme son accès,
Pour le voir filer à l’anglaise.

 

Un mot à moi, un mot de glaise,
Que j’ai vécu comme un essai,
J’avoue ne vous en déplaise,
J’ouvre, je ferme, mais je tais,
Pour que la parenthèse apaise.

 

 
le 6 Juin 2010

 


 

Au point du jour

 
Je suis trop loin de tout en ce moment si doux,
Volets clos, voix légère à travers un mystère,
Je suis bien dans ma sphère et la vie accélère,
Une phrase de vous me revient tout à coup.


Coup du sort anodin mais bruyant tambourin,
Qui étend sa chimère au réveil solitaire,
Je me laisse distraire et peu à peu tolère,
Comme un rayon mutin, l’instant clandestin.


Est teint dans le miroir l’éclair de velours noir,
Mêlant sans le vouloir tout au fond d‘un tiroir,
Son regard, sa semblance avec ma propre errance.


Se rend prête à vêtir mon propos sans rougir,
Dans un profond soupir enchainant l’avenir,
Est-il cette attirance ou bien que l’apparence.


L’appas rend ce mal sourd au feu clair du discours,
La phrase en l’occurrence a-t-elle une importance,
Posée au point du jour l’engage sans retour.

 


Le 10 Mai 2010



A vous lire 

   

Vous êtes puant d’impudeur,
Vous étalez votre douleur,
Toutes ces phrases répugnantes,
Sont tartines dégoulinantes.


Vous n’êtes pas le seul au monde,
Portant meurtrissure profonde,
Chacun de nous a son fardeau,
La vie n’est pas un cadeau.


Les vraies douleurs sont muettes,
Et ne jouent pas les pipelettes,
Je serai sans demi mesure,
Pour moi vous êtes l’imposture.


C’est à mon tour d’avoir la rage,
Moi qui suis le plus souvent sage,
Je m’adresse à vous sans gros mots,
Les vôtres, la goutte de trop.


Si vous voulez être écouté,
Il vous faudra vous révolter,
Avec respect et sans morsure,
Pour libérer votre écriture.

  

Le 19 Avril 2010

 


 

Ma nature

 

 

Ma maison bienveillante,
Le matin s’émerveille.

La pensée est vaillante,
Mon jardin se réveille.


Mon labeur le défriche,
Le lilas s’abandonne.


Mon souci lui s’en fiche
La jonquille s‘étonne.


Ma jacinthe indécise,
L’odeur est languissante.


L’impatiente organise,
Ma joie envahissante.


La vigne est cabotine,
Mon ardeur imposante.


Le lierre et l’églantine,
Ma nature accueillante.

 
Le 16 avril 2010

 

 


  
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