Les rumeurs
L’espace fait grand bruit en ce ciel ombrageux,
J’ouïs sa plainte profonde et ce non-dit confus,
D’un bond sort de ses gonds le tapage fangeux,
Maintenant là tout près ses cris d’enfer touffus.
L’air frissonne à ma porte en vain il s’essouffle,
J’écoute hors du temps à l’ombre de ma lampe,
De bien étranges sons jusqu’à rompre le souffle,
Maintes fois sous ce flot je m’élève et je rampe.
L’éther s’arrache au vide et l’éclair se fracasse,
J’essaime un bruissement poussé par l’aquilon,
De ce temps au galop où les rumeurs jacassent,
Moult échos que l’on croit persistent à reculons.
Le 13 Novembre 2011
Cette forme poétique est un "trivers"
Ma dame
Ma dame
Digne ombre pâle
Un parfum de mystère
Le désir, le plaisir, la peine
De cœur
Un monde
Volupté de mille brillants
Splendeurs et décadences
Madame est fille
De joie
Le 30/08/2011
cette forme poétique est "cinquain"
En songeant
En songeant au hasard l’heure informe et balance,
Avançant son dessein en ces longs maux humains,
Quand vacille un destin d’un coup sans lendemain,
L’autre temps s’interrompt et verrouille en silence.
Comme un jour s’éternise alors un soir poignant,
Descend à reculons au travers d’une ombre ivre,
Près de ce mortel voguant il se veut contraignant,
Puisqu’il faut en finir grave en ce cœur geignant,
En songeant au hasard leurre inhumain, survivre.
Le 19/08/2011
cette forme poétique est un "Muzain"
Je me souviens
Je me souviens des rumeurs frivoles,
L’éclat du jour dans les herbes folles,
Et mon cœur d’azur bat la campagne,
Son vertige inconnu m’accompagne.
Je me souviens le plaisir champêtre,
Qui s’aime de fenêtre en fenêtre,
Ce doux signe martelant l’émoi,
Cette fois ce tambour cogne en moi.
Je me souviens d’un trac bucolique,
Enveloppant l’ivresse impudique,
Sous l’innocente première fois,
Un envol hésitant, maladroit.
Je me souviens l’endroit est rustique,
A la fois sommaire et stratégique,
L’imperceptible onde anodine est,
Au creux du ventre au premier baiser.
Je me souviens, au matin agreste,
C’est drôle la phrase qui me reste,
J’aime, c’est plus que sûr, oui c’est lui,
Mais ces mots s’effeuilleront sans bruit.
Le 6 Avril 2011
Souffle libertaire
Peuple de misère a un souffle libertaire,
Est-ce si saugrenu chasser les corrompus,
Révolte populaire ils sont assis par terre,
Je les ai entendus, eux ne sont pas repus.
La bêtise incendiaire a nourri cette terre,
Ce volcan contenu crache un flot résolu,
Dictateur sanguinaire opprime et réitère,
Sur l’humain abattu un fardeau absolu.
Le pouvoir manipule il a peu de scrupules,
Et ce jeu de crapule a fait quelques émules,
La clameur va grandir, dénoncer et bannir.
Inquiétude croissante à l’ardeur rougissante,
L’insurrection vibrante avance envahissante,
Un bilan de martyrs veut bâtir l‘avenir.
Le 22 février 2011
Laisser
Laisser s’ouvrir la dilection,
Le frémissement se recueille,
La puissance d’une émotion,
Et peu à peu un air s’effeuille.
Laisser bruire ainsi l’invisible,
Cela n’a vraiment pas de sens,
L’unique m’est donné, sens cible,
Soufflant la flamme du bon sens.
Laisser s’offrir sans succomber,
Ce plaisir qui chemine, emmène,
Son mouvement me voit tomber,
Au plus profond de son domaine.
Laisser se couvrir de sa cadence,
Où frisonne en vers, dés tendus,
Chœur propice à la confidence,
Au-dedans d’un trouble entendu.
Laisser mourir en son entier,
Claire, émouvante la musique,
Imposant en moi sans dévier,
Son long tempo énigmatique.
Le 1er février 2011